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Ordinateur portable en verre dépoli affichant un site, traversé par un faisceau de lumière
InterfaceFinance19 octobre 202618 min de lecture

Que doit contenir le site d'un cabinet de gestion de patrimoine ?

Le socle d'un site de cabinet, à adapter à chaque cabinet : ce qu'un prospect y cherche, les pages qui le rassurent, et ce que l'AMF, la CNIL et la LSFin exigent, en France et en Suisse romande.

Le site d’un cabinet de gestion de patrimoine, ou d’un CGP indépendant, tient trois rôles. Confirmer la recommandation qui a amené le prospect, prouver que le cabinet est en règle, et rendre le premier rendez-vous simple à prendre. Il n’existe pas de modèle unique : un cabinet qui accompagne des dirigeants n’a pas le même site qu’un cabinet tourné vers les professions libérales. Mais on retrouve presque toujours un socle commun : quelques blocs sur la page d’accueil, des pages de fond et des informations que la réglementation impose.

Ce guide détaille ce socle, pour la France et pour la Suisse romande, avec les textes qui imposent les informations obligatoires. C’est un minimum, à adapter : chaque site se construit sur mesure, selon les statuts du cabinet, ses publics et ses offres. Il s’adresse aux dirigeants et associés de cabinets : conseillers en gestion de patrimoine, conseillers en investissements financiers, courtiers, gestionnaires de fortune indépendants.

En bref

  • Aux États-Unis, près des deux tiers des clients trouvent leur conseiller par recommandation. Le site sert alors surtout à confirmer ce choix avant le premier appel.
  • Sur l’accueil, six blocs forment un bon socle : la promesse, pour qui, l’approche, l’équipe, les preuves, le premier rendez-vous. Selon le cabinet, d’autres s’y ajoutent.
  • Les informations obligatoires tiennent souvent dans quatre ou cinq pages courtes reliées au pied de page : mentions légales, statuts et ORIAS, réclamations et médiation, données personnelles, cookies. Leur nombre dépend des statuts exercés.
  • Plusieurs erreurs reviennent sur les sites de CGP, dont le logo de l’AMF, la formule « agréé AMF » et le mot « indépendant » employé sans précision.
  • En juin 2026, l’AMF a cité les revues des sites internet parmi ses actions de supervision des conseillers en investissements financiers.1
7 031conseillers en investissements financiers immatriculés fin 20246
92 %d’entre eux sont aussi intermédiaires en assurance6
11 %des Français s’informent auprès d’une IA avant un placement5

Pourquoi le site d’un cabinet n’est plus une simple vitrine

Le site d’un cabinet est le lieu où un prospect vérifie ce qu’on lui a dit du cabinet, avant de décider s’il appelle.

Aux États-Unis, l’étude Kitces de 2024 sur le marketing des conseillers financiers montre que près des deux tiers des clients trouvent leur conseiller par recommandation : un client existant, un avocat, un expert-comptable.2 Le site intervient souvent juste après : le prospect cherche le nom du cabinet qu’on lui a recommandé et lit ce qu’il trouve.

La première impression se joue vite. Une étude publiée en 2006 a montré que les internautes jugent l’attrait visuel d’une page en 50 millisecondes, et que ce jugement concorde avec celui qu’ils forment après un examen plus long.4 L’étude mesure l’attrait visuel uniquement.

Sur la confiance elle-même, une étude souvent citée est celle du Stanford Persuasive Technology Lab, publiée en 2002 : 2 684 participants, 2 440 commentaires sur la crédibilité de sites réels. L’apparence du site y est le critère le plus cité, dans 46,1 % des commentaires. Pour les sites de finance, ce chiffre monte à 54,6 %.3 Les auteurs avancent une hypothèse : faute de pouvoir évaluer le fond d’une offre financière, le visiteur s’appuierait davantage sur ce qu’il voit.

Schéma animé : quatre portes d'entrée (recommandation, LinkedIn, réponse d'une IA, recherche Google) mènent chacune à une page du site (accueil, équipe, approche, honoraires), puis le prospect décide de prendre rendez-vous
Le prospect arrive par plusieurs portes, lit plusieurs pages, puis décide. Le site doit tenir à chaque étape.

Deux évolutions récentes renforcent ce rôle. La première vient du régulateur : en juin 2026, en présentant sa nouvelle méthode de contrôle des conseillers en investissements financiers, l’AMF a cité les « revues des sites internet » parmi ses actions de supervision.1 La seconde vient des épargnants : selon le baromètre AMF publié en décembre 2025, 11 % des Français s’informent auprès d’une intelligence artificielle avant un placement, presque toujours en complément d’autres sources.5

Ce qu’un prospect cherche, et dans quel ordre

Un prospect patrimonial cherche d’abord à savoir si le cabinet s’adresse à des gens comme lui, ensuite qui il aura en face de lui, enfin comment se passe la suite.

Le Nielsen Norman Group, qui étudie le comportement des internautes depuis les années 1990, a isolé quatre facteurs qui font qu’un site inspire confiance : la qualité du design, la transparence d’emblée sur ce que le client va vivre, un contenu complet, exact et à jour, et le lien avec le reste du web.7 Appliqués à un cabinet, ils dessinent un socle de six blocs pour la page d’accueil. C’est un point de départ : l’ordre, le nombre et le contenu des blocs varient selon le cabinet et ses publics.

Schéma animé d'une page d'accueil de cabinet en six blocs : la promesse, pour qui, l'approche, l'équipe, les preuves, le premier rendez-vous
Un socle de six blocs, dans l’ordre où un prospect les cherche le plus souvent.

1. La promesse, pour qui, en une phrase

Le premier écran dit qui vous accompagnez et sur quoi. « Nous accompagnons les dirigeants de PME dans la transmission de leur entreprise » renseigne davantage le prospect que « Votre patrimoine mérite le meilleur », une phrase qui pourrait figurer sur le site de n’importe quel concurrent.

2. Les situations que vous accompagnez

Un prospect se décrit rarement comme une « clientèle haut de gamme ». Il se décrit plutôt comme un médecin qui vient de s’installer, une veuve qui hérite d’un portefeuille, un couple qui prépare sa retraite. Nommer trois à cinq situations précises permet à chacun de se reconnaître, et sert aussi le référencement : ce sont les mots qu’il tapera.

3. L’approche

Comment se déroule une mission, en étapes : premier échange, bilan, recommandations, mise en œuvre, suivi. Le mode de rémunération y a sa place, en une phrase, avec un lien vers la page honoraires.

4. L’équipe

Des visages réels, des parcours, des statuts. Les études du Nielsen Norman Group observent que les internautes ignorent souvent les photos de banque d’images et regardent les vraies photos d’équipe. Dans un de leurs tests en oculométrie, sur une page équipe, un participant a passé plus de temps sur les portraits que sur les biographies, pourtant environ quatre fois plus étendues.9

5. Les preuves

Statuts, numéro ORIAS, association professionnelle, publications, interventions, partenaires. Deux des dix recommandations du Stanford Web Credibility Project vont dans ce sens : montrer qu’une vraie organisation se tient derrière le site, et mettre en avant les personnes, dignes de confiance, qui la composent.34

6. Le premier rendez-vous

Ce qui se passe quand on appelle : durée du premier échange, gratuit ou non, en visioconférence ou au cabinet, ce qu’il faut préparer. Dans l’idéal, on prend rendez-vous en deux clics depuis n’importe quelle page.

Les pages de fond

Au-delà de l’accueil, la plupart des sites de cabinet s’appuient sur quelques pages de fond, chacune sur une question que le prospect se pose. Leur nombre et leur découpage dépendent de l’offre et des publics.

Le tableau ci-dessous donne un socle de sept pages. Un cabinet qui s’adresse à plusieurs publics, dirigeants, médecins, expatriés, aura souvent une page par public ; un cabinet qui publie beaucoup aura une rubrique entière d’analyses.

PageLa question à laquelle elle répondL’erreur fréquente
AccueilCe cabinet est-il fait pour moi ?Une promesse générique, valable pour tout le marché
AccompagnementsQue font-ils, concrètement, dans ma situation ?Une liste de produits au lieu d’une liste de situations
ApprocheComment se passe une mission, du premier échange au suivi ?Des valeurs abstraites, aucune étape
ÉquipeQui vais-je avoir en face de moi ?Pas de visage, ou des photos de banque d’images
HonorairesCombien cela va-t-il me coûter, et comment êtes-vous payés ?Aucune information, ou un renvoi au rendez-vous
PublicationsSavent-ils de quoi ils parlent ?Des actualités recopiées, non signées, non datées
Contact et rendez-vousComment les joindre, simplement ?Un formulaire de dix champs, sans réponse annoncée

Une huitième page peut être utile : une page qui rappelle comment vous contacter réellement et ce que vous ne demanderez jamais par e-mail. Le pôle commun de l’ACPR et de l’AMF a ajouté plus de 1 300 nouveaux noms de sites ou d’acteurs non autorisés à ses listes noires en 2025.32 Certaines grandes maisons le font : Rothschild & Co publie une page de sensibilisation à la fraude qui met en garde contre les usurpations de sa marque et de ses collaborateurs.33

Les mentions obligatoires sur le site d’un CGP, en France

Un site de cabinet français doit au minimum identifier l’éditeur, afficher les immatriculations ORIAS et les statuts, décrire la procédure de réclamation et les médiateurs, et respecter le RGPD et les règles de la CNIL sur les cookies.

La plupart des cabinets cumulent les statuts : selon l’AMF, 92 % des conseillers en investissements financiers sont aussi intermédiaires en assurance, 62 % intermédiaires en opérations de banque et 62 % titulaires de la carte de transaction immobilière.6 Chaque statut ajoute ses mentions. Le plus lisible est de les regrouper dans quelques pages courtes reliées au pied de page ; selon les statuts exercés, il en faut plus ou moins.

Schéma animé : le pied de page d'un site relié à cinq pages courtes, mentions légales, ORIAS et statuts, réclamations, données personnelles et cookies
Une organisation fréquente : cinq pages courtes, reliées depuis chaque page du site. À ajuster selon les statuts du cabinet.
InformationOù l’afficherTexte de référenceStatut
Éditeur : dénomination, siège, téléphone, RCS, capital, directeur de la publication, hébergeurPage « Mentions légales »LCEN, art. 1-1 (depuis la loi SREN de mai 2024)10Obligatoire
Adresse électronique, numéro de TVA intracommunautaire, règles professionnelles applicablesPage « Mentions légales »LCEN, art. 19, version en vigueur en octobre 202610Obligatoire
Numéro ORIAS et catégorie d’intermédiaire (IOBSP)Pied de page et mentionsCode monétaire et financier, art. R519-2411Obligatoire
Nom, adresse et numéro d’immatriculation (intermédiaire en assurance)Pied de page et mentionsCode des assurances, art. R521-412Obligatoire
Association professionnelle du conseiller (ANACOFI-CIF, CNCGP, CNCEF Patrimoine, Compagnie CIF)Page « Statuts »AMF, DOC-2006-2313Adhésion obligatoire, affichage recommandé
Procédure de réclamation, délais, médiateursPage « Réclamations et médiation »AMF, DOC-2012-07 ; Code de la consommation, art. L616-1 et R616-114Obligatoire
Politique de confidentialitéPage « Données personnelles »RGPD, art. 1317Obligatoire dès qu’un formulaire collecte des données
Choix des cookies, refus aussi simple que l’acceptationBandeau et page « Cookies »CNIL, lignes directrices et recommandation de 202016Obligatoire
Modalités de publication et de contrôle des avisÀ côté des avis affichésCode de la consommation, art. L111-7-218Obligatoire si vous publiez des avis
Avertissements sur les risques et les performances passéesÀ côté de chaque chiffre de performanceRèglement général de l’AMF, art. 325-1215Obligatoire si vous en publiez

Les réclamations et la médiation

L’instruction de l’AMF sur le traitement des réclamations s’applique expressément aux conseillers en investissements financiers. Elle fixe deux délais : un accusé de réception sous dix jours ouvrables au plus, et une réponse sous deux mois au plus.14 Elle cite le site internet comme support d’information sur la procédure, et demande d’y afficher les coordonnées du médiateur de façon visible et lisible, en précisant, lorsqu’un médiateur sectoriel conventionné existe, que le client peut choisir entre lui et le médiateur de l’AMF, que ce choix est définitif et que la médiation est gratuite.

Un cabinet qui exerce plusieurs activités affiche un médiateur par activité : celui de l’AMF ou un médiateur conventionné pour le conseil en investissement, la Médiation de l’assurance pour l’intermédiation en assurance, un médiateur de la consommation pour le crédit et l’immobilier.

Le mot « indépendant »

Un conseiller peut exercer en conseil indépendant, non indépendant, ou les deux. S’il fait les deux, il ne peut pas se présenter comme « conseiller en investissement indépendant » pour l’ensemble de son activité : la règle figure à l’article 325-5 du règlement général de l’AMF, repris dans sa doctrine.13 Selon l’AMF, 81 % des conseillers exercent en conseil non indépendant, 7 % exclusivement en indépendant et 12 % combinent les deux.6 Le mot apparaît souvent à plusieurs endroits d’un site : titre de page, nom du cabinet, balise de titre lue par Google. Chacun doit correspondre à l’activité réellement exercée.

Cinq erreurs que l’on retrouve sur des sites de cabinets

  • Le logo de l’AMF. Son usage par un conseiller est interdit, « quel que soit le support utilisé », site compris.13
  • « Agréé AMF ». L’agrément de l’AMF porte sur l’association professionnelle à laquelle adhère le conseiller. La bonne formule : « membre de [association], association agréée par l’AMF ». Le règlement général de l’AMF interdit aussi de laisser entendre qu’une autorité cautionne le conseiller.15
  • « Indépendant » sans précision, alors que le cabinet pratique aussi le conseil non indépendant.
  • Un lien vers la plateforme européenne de règlement en ligne des litiges. Elle a fermé le 20 juillet 2025 (règlement (UE) 2024/3228).20 L’instruction de l’AMF la mentionne encore : vérifiez avec votre association avant de retirer le lien.
  • Des avertissements sur les risques en petits caractères gris. Ils doivent figurer dans une police au moins égale à celle du texte principal.15

L’accessibilité, depuis juin 2025

Les exigences d’accessibilité issues de la directive européenne s’appliquent aux services fournis après le 28 juin 2025, et le conseil en investissement figure parmi les services visés.19 Les microentreprises de services, moins de dix personnes et un chiffre d’affaires ou un total de bilan annuel n’excédant pas 2 millions d’euros, en sont dispensées. Or la structure moyenne d’un conseiller compte près de trois collaborateurs et le chiffre d’affaires médian s’établit à 102 000 euros.6 Notre lecture, à faire confirmer par un juriste : la grande majorité des cabinets n’est pas soumise à l’obligation. L’accessibilité reste utile, en particulier pour une clientèle âgée : contrastes suffisants, textes agrandissables, navigation au clavier.

En Suisse romande : LSFin, nLPD et identification

Un prestataire suisse doit informer ses clients sur son identité, son activité, sa surveillance, son organe de médiation, les risques et les coûts. L’ordonnance d’application l’autorise à le faire sur son site.

La loi sur les services financiers (LSFin) impose une obligation d’informer détaillée à l’article 8.21 Son ordonnance d’application (OSFin) permet de mettre ces informations à disposition sur un site internet, à condition qu’elles soient consultables, téléchargeables et conservables à tout moment (OSFin, art. 12).22 Le site peut alors servir de support à cette information réglementaire.

InformationTexteSur le site
Nom, adresse, champ d’activité, régime de surveillanceLSFin, art. 8 ; OSFin, art. 6Page « Informations LSFin », téléchargeable
Organisme de surveillance (gestionnaires de fortune) et autorité de surveillanceOSFin, art. 6 ; LEFinMême page, nom et adresse
Organe de médiation, affiliation dès le début de l’activitéLSFin, art. 77Nom et coordonnées de l’organe
Coûts uniques et récurrents, à défaut un ordre de grandeurOSFin, art. 8Page honoraires
Publicité désignée comme telleLSFin, art. 8 al. 6Sur les pages qui présentent un produit
Déclaration de confidentialité (responsable, finalités, destinataires, pays étrangers)LPD, art. 19 (nLPD, depuis le 1er septembre 2023)23Page « Protection des données »
Identité et adresse de contact, courriel compris, en cas d’offre par commerce électroniqueLCD, art. 3 al. 1 let. s24Page « Impressum »

Les conseillers de prestataires non soumis à la surveillance prudentielle, et ceux de prestataires étrangers, doivent en outre être inscrits dans un registre des conseillers (LSFin, art. 28).21 Un cabinet frontalier qui conseille des clients des deux côtés de la frontière doit tenir compte des deux régimes, et de cette inscription s’il est établi hors de Suisse. Le plus lisible est souvent de les traiter sur deux pages distinctes, chacune avec ses textes.

Faut-il afficher ses honoraires ?

Nous n’avons trouvé aucun texte qui impose à un conseiller en investissements financiers de publier ses honoraires sur son site. Les afficher répond pourtant à une question que beaucoup de prospects se posent avant d’appeler.

En France, la rémunération figure dans le document d’entrée en relation et dans la lettre de mission.13 Aucun texte général n’impose de la publier en ligne. Exception : l’activité de transaction immobilière, pour laquelle un barème des prix maximums pratiqués doit être affiché, en ligne comme en vitrine.37 En Suisse, l’ordonnance demande d’informer sur les coûts, au besoin sous forme d’ordre de grandeur.22

Dans une étude du Nielsen Norman Group, un participant a quitté un site parce que le tarif n’y figurait pas ; l’autrice recommande d’afficher au moins des fourchettes de prix.7 Quelques cabinets ont franchi le pas. Ateis Patrimoine, cabinet parisien, publie une grille datée : un premier échange de 30 minutes offert, un bilan patrimonial de 450 à 1 500 euros HT, un conseil en placement de 0,25 à 2 % HT du montant placé.35 Une fourchette, accompagnée des critères qui la font varier, donne au prospect un ordre de grandeur avant le premier rendez-vous et peut le rassurer.

Équipe, preuves et témoignages

Ce qui rassure un prospect patrimonial, ce sont le plus souvent des personnes identifiables et des preuves vérifiables : noms, visages, documents publiés.

Les participants des études du Nielsen Norman Group aiment voir des photos de vrais collaborateurs. Ils lisent les témoignages, mais s’en méfient dès qu’ils semblent triés.8 Les grandes maisons suivent cette logique, chacune à sa façon. Lombard Odier publie ses rapports financiers et une page dédiée aux informations sur les risques. Pictet présente ses sept associés, « à la fois propriétaires et gérants ».33

Les témoignages et les avis demandent de la prudence. Nous n’avons trouvé aucune doctrine de l’AMF qui les interdise expressément à un conseiller. Ils restent soumis à l’exigence d’une information exacte, claire et non trompeuse. Si vous affichez des avis, le Code de la consommation vous oblige à indiquer s’ils font l’objet d’un contrôle et comment, ainsi que leur date.18 Votre association professionnelle reste le meilleur interlocuteur avant de publier.

Être trouvé sur Google, et cité par les IA

Pour être cité par un moteur de réponse, une page doit être indexée, utile, signée, à jour, et contenir des faits sourcés que le moteur peut reprendre.

Google l’indique dans sa documentation : il n’existe aucune exigence technique supplémentaire, aucun balisage spécial pour apparaître dans ses résumés générés par IA.26 Les sujets financiers font partie de ceux que Google traite avec une exigence particulière, et la confiance y est le critère principal.27 Pour un cabinet, cela passe par des articles signés par un conseiller nommé, avec une page de présentation, des dates de publication et de mise à jour visibles, et l’essentiel écrit dans la page elle-même, en texte.

La recherche académique donne une indication utile aux petits cabinets. L’étude qui a fondé le « GEO » (optimisation pour les moteurs génératifs) a mesuré, sur un moteur génératif expérimental, qu’en citant ses sources, en ajoutant des citations et des statistiques, une page gagne de 30 à 40 % de visibilité dans les réponses générées, et jusqu’à 115 % pour une page classée cinquième dans les résultats.25 Dans la même étude, le bourrage de mots-clés n’a pas amélioré la visibilité. Les moteurs de réponse privilégient aussi les contenus récents : les pages qu’ils citent sont en moyenne 25,7 % plus récentes que celles de la recherche classique.29 Être dans les dix premiers résultats n’est pas non plus une condition : selon Ahrefs, 38 % seulement des pages citées dans les résumés générés par Google y figurent.28

Les données structurées aident Google à comprendre qui vous êtes : le type FinancialService de schema.org décrit un cabinet et peut pointer vers votre page honoraires, et chaque conseiller peut être décrit comme une personne, reliée à son profil LinkedIn.31 Leur effet sur les citations reste à démontrer : une étude d’Ahrefs de 2026 portant sur 1 885 pages, tous types de balisage confondus, n’a pas mesuré de gain significatif dans ChatGPT ni dans le mode IA de Google, et une légère baisse dans les résumés générés par Google.30 Enfin, vérifiez que votre site laisse passer le robot de recherche d’OpenAI : un site qui le bloque n’apparaît pas dans les réponses de recherche de ChatGPT, sauf éventuellement sous forme de simple lien.36

Un site qui prolonge la marque

Un site reprend en général l’identité, le ton et le système de mise en page que l’on retrouve sur les documents remis aux clients, les présentations et les publications LinkedIn. Cette cohérence aide le prospect à reconnaître le cabinet d’un support à l’autre.

Chez Unfable Studio, nous avons repensé l’identité complète de Strateo Capital, cabinet de gestion de patrimoine : signe, couleurs, typographie, gabarits de documents et de publications.

Le logo de Strateo Capital
Le signe.
Une page de présentation client de Strateo Capital
Les documents remis aux clients.
Publications LinkedIn aux couleurs de Strateo Capital
Les publications.

Le détail du projet est dans le cas client Strateo Capital. Deux autres interfaces dessinées par le studio, pour la finance et la tech :

Proposition de page d'accueil pour une néobanque
Néobanque, proposition de page d’accueil.
L'application web de Sway Finance
Sway Finance, fintech.

Faire relire le site de votre cabinet

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La liste de contrôle

Vingt points à vérifier sur votre site, dans l’ordre où un prospect les rencontre.

Le premier écran

  • La promesse dit pour qui vous travaillez, en une phrase.
  • Le bouton de prise de rendez-vous est visible sans faire défiler.
  • La page se lit sur un téléphone sans zoomer.

Le fond

  • Trois à cinq situations accompagnées sont nommées.
  • L’approche est décrite en étapes.
  • L’équipe a des visages réels et des parcours.
  • Le mode de rémunération est expliqué, avec des fourchettes si possible.
  • Les publications sont signées et datées.
  • Le premier rendez-vous est décrit : durée, format, coût.

La conformité

  • Les mentions légales suivent les articles 1-1 et 19 de la LCEN.
  • Chaque numéro ORIAS et chaque statut figurent dans le pied de page.
  • L’association professionnelle est nommée, sans logo de l’AMF ni formule « agréé AMF ».
  • Le mot « indépendant » correspond à votre activité réelle.
  • La procédure de réclamation annonce les délais et les médiateurs.
  • Le bandeau cookies permet de refuser aussi facilement que d’accepter.
  • La politique de confidentialité couvre chaque formulaire.
  • Les avertissements sur les risques sont lisibles, à la taille du texte.

La visibilité

  • Les informations clés sont écrites en texte dans la page.
  • Le robot de recherche d’OpenAI n’est pas bloqué.
  • Votre fiche Google Business Profile est à jour et renvoie vers le site.

Méthode et limites

Cet article a été rédigé par Unfable Studio, studio de branding et de design d’interface pour la finance, à Annecy, à partir d’une recherche documentaire menée le 14 octobre 2026 : textes de loi consolidés sur Légifrance et Fedlex, doctrine de l’AMF, recommandations de la CNIL, études originales. Chaque fait renvoie à sa source ci-dessous. Trois points relèvent de notre interprétation et sont signalés comme tels : le champ de l’obligation d’accessibilité pour un site de cabinet, le retrait du lien vers la plateforme européenne de règlement des litiges, l’absence de règle expresse sur les témoignages. Les exemples de sites ont été observés à la même date. La version de l’article 19 de la LCEN citée ici est en vigueur jusqu’au 1er janvier 2027 : nous mettrons l’article à jour à cette date. Cet article ne constitue pas un conseil juridique : votre association professionnelle reste votre interlocuteur de référence.

Questions fréquentes

L’identification de l’éditeur prévue par les articles 1-1 et 19 de la LCEN (dénomination, siège, téléphone, adresse électronique, RCS, capital, numéro de TVA, directeur de la publication, hébergeur), le numéro ORIAS avec chaque catégorie d’intermédiaire, la procédure de réclamation avec les médiateurs, la politique de confidentialité et la gestion des cookies. S’y ajoutent les mentions propres à chaque statut exercé.

Non. L’AMF interdit l’usage de son logo par un conseiller en investissements financiers, quel que soit le support. C’est l’association professionnelle qui est agréée : la formule correcte est « membre de [association], association agréée par l’AMF ».

Seule l’activité de transaction immobilière impose d’afficher un barème. Pour le conseil en investissement, c’est un choix du cabinet, et une pratique utile : une fourchette donne au prospect un ordre de grandeur avant d’appeler.

Le conseil en investissement entre dans le champ des services visés, mais les microentreprises, moins de dix personnes et un chiffre d’affaires ou un total de bilan annuel n’excédant pas 2 millions d’euros, sont dispensées. Selon les chiffres de l’AMF, c’est le cas de la plupart des cabinets ; à faire confirmer par un juriste pour votre situation.

Un médiateur par activité : celui de l’AMF ou un médiateur conventionné pour le conseil en investissement, la Médiation de l’assurance pour l’intermédiation en assurance, un médiateur de la consommation pour le crédit et l’immobilier.

Son identité et son adresse, son champ d’activité, son autorité et son organisme de surveillance, son organe de médiation, les risques et les coûts, ainsi qu’une déclaration de confidentialité conforme à la nouvelle loi sur la protection des données. L’ordonnance sur les services financiers (art. 12) permet de les mettre à disposition sur le site, à condition qu’elles soient consultables et téléchargeables.

Seulement pour l’activité de conseil qu’il exerce réellement de façon indépendante. S’il pratique aussi le conseil non indépendant, il ne peut pas se présenter comme indépendant pour l’ensemble de son activité (règlement général de l’AMF, art. 325-5).

Les textes imposent de communiquer le numéro d’immatriculation et la catégorie d’intermédiaire (code monétaire et financier, art. R519-24 ; code des assurances, art. R521-4). Sur un site, l’usage le plus lisible est de le faire figurer dans le pied de page et sur la page de mentions légales, avec chaque statut exercé.

Nous n’avons trouvé aucune règle de l’AMF qui l’interdise expressément. Les avis restent soumis à l’exigence d’une information exacte, claire et non trompeuse. Le Code de la consommation impose d’indiquer s’ils font l’objet d’un contrôle et comment, ainsi que leur date. Votre association professionnelle peut vous conseiller avant publication.

Sources

  1. AMF, « L’AMF instaure une nouvelle méthodologie de contrôle sur pièces des conseillers en investissements financiers », 12 juin 2026. amf-france.org
  2. Kitces Research, « How Financial Planners Actually Market Their Services », vol. 1, juillet 2024 (marché américain). kitces.com
  3. B. J. Fogg et al., « How Do People Evaluate a Web Site’s Credibility? », Stanford Persuasive Technology Lab et Consumer WebWatch, octobre 2002. consumerreports.org
  4. G. Lindgaard et al., « Attention web designers: You have 50 milliseconds to make a good first impression! », Behaviour & Information Technology, 2006, et compte rendu de Nature, 13 janvier 2006. nature.com
  5. AMF, Baromètre de l’épargne et de l’investissement 2025, 17 décembre 2025. amf-france.org
  6. AMF, « Chiffres clés des conseillers en investissements financiers », exercice 2024, décembre 2025. amf-france.org
  7. A. Harley, « Trustworthiness in Web Design: 4 Credibility Factors », Nielsen Norman Group, 8 mai 2016. nngroup.com
  8. K. Kaley et J. Nielsen, « About Us Information on Websites », Nielsen Norman Group, 26 mai 2019. nngroup.com
  9. J. Nielsen, « Photos as Web Content », Nielsen Norman Group, 2010, révisé en 2026. nngroup.com
  10. Loi n° 2004-575 pour la confiance dans l’économie numérique (LCEN), version consolidée, art. 1-1 et 19. legifrance.gouv.fr
  11. Code monétaire et financier, art. R519-24. legifrance.gouv.fr
  12. Code des assurances, art. R521-4. legifrance.gouv.fr
  13. AMF, position-recommandation DOC-2006-23, questions-réponses relatives au régime des CIF, modifiée le 27 juillet 2026. amf-france.org
  14. AMF, instruction-recommandation DOC-2012-07 sur le traitement des réclamations, applicable au 1er janvier 2024. amf-france.org
  15. Règlement général de l’AMF, art. 325-12, en vigueur depuis le 8 juin 2018 (il reprend l’art. 44 du règlement délégué (UE) 2017/565). amf-france.org
  16. CNIL, cookies et autres traceurs, questions-réponses sur les lignes directrices et la recommandation, mise à jour du 29 avril 2026. cnil.fr
  17. Règlement (UE) 2016/679 (RGPD), chapitre 3, art. 13. cnil.fr
  18. Code de la consommation, art. L111-7-2. legifrance.gouv.fr
  19. Code de la consommation, art. L412-13 et D412-50 (accessibilité des produits et services). legifrance.gouv.fr et legifrance.gouv.fr
  20. Règlement (UE) 2024/3228 abrogeant le règlement (UE) n° 524/2013 sur le règlement en ligne des litiges. eur-lex.europa.eu
  21. Loi fédérale sur les services financiers (LSFin, RS 950.1), version du 1er octobre 2026, art. 8, 28, 29, 68 et 77. fedlex.admin.ch
  22. Ordonnance sur les services financiers (OSFin, RS 950.11), art. 6 à 12. fedlex.admin.ch
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